Le livre "Mille ans de Poésie" chez Milan Jeunesse est un recueil savoureux de poèmes et fables classés par époque. Il débute avec le Moyen-Age dont certains textes sont en vieux français, il termine avec le 20ème siècle avec une sélection de fables très amusantes.

mille ans de poésie milan jeunesse

 

Voici nos poésies de ce début d'année :

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

Joachim DU BELLAY   (1522-1560)

Les Regrets

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La Mouche qui louche

 

Chaque fois que la mouche qui louche

veut se poser au plafond

elle s’y cogne le front

et prend du plâtre plein la bouche

 

Moralité

Pauvres mouches qui louchez

posez-vous sur le plancher

 

 

Jean Orizet (1937 -)

L’Enfant et la Poésie

 

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Le Chêne et le Roseau

Le Chêne un jour dit au Roseau :
"Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil,
Brave l'effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n'auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l'orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
- Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,
Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.

Jean de LA FONTAINE   (1621-1695)

Les Fables

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Le Coq et le Diamant

 

Le coq sur un fumier grattait, lorsqu'à ses yeux

Parut un diamant : « Hélas, dit-il, qu'en faire ? »

Moi qui ne suis point lapidaire,

Un grain d'orge me convient mieux.

 

 

 

 

Les Lièvres et le Vent

Le vent faisait du bruit dans une forêt noire ;

Les lièvres eurent peur, nul ne les poursuivant.

« Je crois, dit l’un d’entre eux, que ce n’est que le vent,

Mais nous auront toujours de la peine à le croire. »

 

 

 

La Mouche

Un chariot tiré par six chevaux fougueux

Roulait sur un chemin aride et sablonneux.

Une mouche était là présomptueuse et fière

Qui dit en bourdonnant : « Que je fais de poussière ! »

 

 

 

 

L’Homme et l’Oie

Un homme avait une oie et c’était son trésor,

Car elle pondait tous les jours un œuf d’or.

La croyant pleine d’œufs, le fou s’impatiente,

La tue, et, d’un seul coup, perd le fonds et la rente.

 

 

 

Isaac de Benserade (1613 – 1691)

 

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J'ai aussi sélectionné Le Petit Ecolier de Caumont. Je n'en ai pas trouvé de version entière, il manquait toujours une strophe. J'ai donc dû composer. J'ai aussi "féminisé" le poème, pour l'adapter à mon public !

Le petit écolier

L'an passé, cela va sans dire,
j'étais petit, mais à présent
que je sais compter, lire et écrire,
C'est bien certain que je suis grand.

Quand, sur les genoux de ma mère,
On me voyait souvent assis,
J'étais petit, la chose est claire :
J'avais cinq ans, et j'en ai six !

Maintenant, je vais à l’école ;

J’apprends chaque jour ma leçon ;

Le sac qui pend à mon épaule

Dit que je suis un grand  garçon.

 

Quand le maître parle, J’écoute,

Et je retiens ce qu’il me dit ;

Il est content de moi sans doute,

Car je vois bien qu’il me sourit.

 

 

F. CAUMONT

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La petite écolière

L'an passé, cela va sans dire,
j'étais petite, mais à présent
que je sais compter, lire et écrire,
C'est bien certain que je suis grande.

Quand, sur les genoux de ma mère,
On me voyait souvent assise,
J'étais petite, la chose est claire :
J'avais cinq ans, et j'en ai six !

Maintenant, je vais à l’école ;

J’apprends chaque jour ma leçon ;

Le sac qui pend à mon épaule

Dit que je suis une grande fille.

 

Quand le maître parle, J’écoute,

Et je retiens ce qu’il me dit ;

Il est content de moi sans doute,

Car je vois bien qu’il me sourit.

 

 

F. CAUMONT

 

Je n'explique pas les espaces qui apparaissent entre les vers sur le blog et pas sur le document de base...

 

Le choix des poésies a été effectué en fonction des enfants. Je suis particulière satisfaite que La Mouche sui Louche ait plu à Monsieur A. : bien sûr, il ne voulait pas l'apprendre, mais elle est amusante et, à force d'écoute, il la sait presque maintenant !